L'aérographe

 

Toute reproduction, même partielle des textes ou photos de ce site est strictement interdite sans l'accord de l'auteur ET du webmaster.

 

L'aérographe, outil indispensable dans "l'évolution" du maquettiste. Malheureusement, cet objet semble compliqué à manier et nécessite un investissement plus lourd que les habituels pinceaux. Je vais essayer dans cette rubrique de dissiper ce brouillard qui règne autour de l'aérographe et d'en faire non plus un outil barbare et effrayant, mais ce qu'il est : un outil formidable et indispensable. Il permet un rendu de la peinture fin et parfaitement lisse préservant ainsi tous les détails de la maquette, les rivets, lignes de structures... L'aérographe permet aussi de faire des fondus dans un camouflage, des camouflages tachetés, des traces d'échappement, enfin des tas d'effets tout simplement impossibles au pinceau.

Principe de fonctionnement - Type d'aérographes :

C'est le passage de l'air dans le corps de l'aérographe, débouchant sur une buse qui provoque une dépression au niveau de l'orifice d'arrivée de peinture. A la sortie de la buse, on obtient un voile de peinture. On distingue 2 types d'aérographe : le simple action et le double action. Alors que le simple ne permet que de moduler le débit d'air (en appuyant plus ou moins fort sur le bouton), le double action permet non seulement de contrôler le débit d'air, mais aussi le débit de peinture (le même bouton peut aussi avancer et reculer). En reculant le bouton, une aiguille recule aussi dégageant ainsi la buse et laissant passer la peinture. Ceci permet de faire des travaux plus précis et plus fin. Le maniement d'un double action n'est pas très compliqué. Un peu d'entraînement sur de vieux éléments en plastique et on s'y fait vite.
Alors lequel prendre ? Pour ma part, j'avais un Aztec A430 dont j'était très satisfait (double action). Ensuite, je suis passé au 470 et là, un peu moins finalement. J'ai fini par passer à l'Evolution et là... tout est beaucoup plus facile !
La particularité de l'Aztec c'est que l'aiguille et la buse ne font qu'un et facilite grandement le nettoyage et évite l'accident classique de tordre l'aiguille. L'inconvénient est que le nettoyage ne peut se faire sur tout l'ensemble et que de la peinture à tendance à s'accumuler à des endroits non accessibles et donc... au bout d'un certain temps, retour garantie : à noter qu'il est garantie à vie !
L'évolution est lui de conception classique, une buse se vissant sur le corps de l'aérographe, une aiguille, on démonte tout pour nettoyer au besoin mais attention à l'aiguille ! Un plus agréable, c'est du tout métal et les seules parties qui craignent des produits agressif sont démontables. On gros, on peut tout démonter pour nettoyer sans aucun danger ! Coté précision, je suis bien plus à l'aise avec l'Evolution que l'Aztec. Mais là, c'ets très subjectif et ce pour plusieurs raisons... La première, c'est que j'ai utilisé l'Aztec pendant un peu plus de 2 ans et donc en passant à l'Evolutionn j'avais déjà une expérience significative dans le maniement de l'appareil. La deuxième c'est que mon Aztec commencait à avoir pas mal fonctionner et nécessitait un retour fournisseur pour échange. Donc, quand je suis passé à l'Evolution, je quittais un Aztec qui était bien en dessous de ses possibilités. Enfin, sachant ce qu'Olivier Soulleys est capable de faire avec un Aztec, je ne peux pas mettre sur le compte de l'aérographe mes "bavures"....


Le corps d'une aérographe Aztec avec 3 buses et le godet à gravité.



Et ici celui d'un Evolution.

Sources d'air :

On trouve 3 sources d'air : les bombes d'air comprimé, les compresseur dit "à membrane' et enfin les compresseurs dit "silencieux" à bain d'huile.
Bombes d'air : si elles sont attirantes au premier abord, c'est en raison de leur prix bas ; comparées au prix d'un compresseur, celles-ci sont intéressantes surtout lorsque l'on a un budget limité ou que l'on débute. Parlons maintenant des défauts : le débit d'air n'est pas régulier. Celui-ci à tendance à diminuer au fur et à mesure de l'utilisation. De plus, à long terme, elles sont bien moins rentable financièrement d'un compresseur.
Compresseurs à membranes : ceux-ci ont un en général un débit constant. Ils fonctionnent en permanence et sont sans réserve d'air. D'abord bruyant, interdisant un fonctionnement le soir à moins d'habiter seul et pas en appartement (penser à vos voisins !), les derniers modèles le sont nettement moins. A l'achat, compter moins de 600 F.
Compresseurs silencieux : comme le titre le dit ils sont silencieux, comparable au bruit du moteur d'un frigo. Vous pouvez le faire fonctionner dans toutes les circonstances, car cela ne fait vraiment quasiment aucun bruit ! Vous devez avant le premier fonctionnement mettre de l'huile (huile spéciale compresseur), ensuite, il suffit de maintenir le niveau (pour certains, il est possible de les vidanger). Ce type de compresseur possède une réserve d'air (de 1 litre à 9 litres).
Certains modèles fonctionnent en permanence. Une fois la pression maximum atteinte, le surplus d'air s'échappe par une soupape de sécurité, entraînant un sifflement gênant .... dommage car le moteur ne fait aucun bruit, mais la soupape, c'est autre chose !
D'autres possède une pressostat permettant de couper le fonctionnement du moteur une fois la pression atteinte. La remise en route est aussi automatique dès que la pression à baissé en dessous d'un certain seuil. Cela est bien plus confortable et évite un fonctionnement inutile pendant un pause, la recherche d'un papier, préparation d'une peinture....
Enfin, toujours dans les qualités, la pression de sortie peut se régler. Selon les compresseurs, vous aller jusqu'à 12 Bars...Heu, je précise quand même, au delà de 3 Bars, vous risquez d'endommager votre aérographe... imaginez la buse de votre aéro plantée dans le fuselage de votre avion... Passons aux inconvénient, pas grand chose, si ce n'est le prix. Comptez au minimum 1200 F. Pour l'huile, 70 F le litre, 1 litre pouvant vous faire une bonne paire d'année (si vous vidangez), et une bonne dizaine si vous vous contentez de maintenir le niveau.

Finalement, dans tout ça, que choisir ?
Je dirais silencieux ou non, c'est à chacun de voir mais il faut impérativement :
- réserve de 1l minimum ;
- pressostat pour l'arrêt / démarrage automatique ;
- piège à humidité ;
- manomètre pour régler le débit.


Compresseur à bain d'huile.

Peintures - Dilution - Pression :

Là, ça se complique. De la bonne préparation de la peinture dépend la qualité du résultat. Mais pas de panique...
Parmi les différents types de peinture (voir détails dans la rubrique "Les peintures"), j'utilise indifferement l'acrylique et l'enamel. Chose essentielle : à l'aéro; il faut travailler avec une peinture le plus diluée possible et la pression la plus basse possible. C'est à ce prix que vous pourrez faire des travaux très précis. Plus vous diluez, moins celle-ci couvrira. Il y aura donc plusieurs couches à passer. Mais vous verrez que cela vous permet d'obtenir une surface superbe et une bonne précision.
Diluer oui, mais de comment ? Je dilue l'acrylique à l'eau déminéralisée, et l'enamel à l'Essence type F, celle qui sert aussi comme détachant pour les textiles. A la sortie du pot, la peinture est en générale prête pour le pinceau, mais trop épaisse pour l'aéro. Les peintures brillantes (Gloss) sont plus épaisses que les mats (Flat). Donc, pas facile de trouver une règle exacte. Par expérience, je dilue de 20 à 50 % selon la peinture, rarement plus, mais cela arrive. Donc, ne soyez pas inquiet si à 40 % de dilution, la texture vous parait encore épaisse. N'ayez crainte, vous êtes dans la norme ! Parfois, pour faire un effet de voile, on va jusqu'à 80 % ! N'oubliez pas quand même que plus vous diluez, plus le pouvoir couvrant de votre peinture diminue.
Voici par rapport aux marques que j'utilise ce que j'ai constaté.
Humbrol : je ne l'utilise pas à l'aéro, trop épaisse., et trop de variation d'un pot à l'autre pour une même couleur. Par contre, au pinceau, idéale.
Aeromaster : 30 % en moyenne (acrylique et enamel).
Testors : 40 %.
Model masters (mettalizer à polir) : sans dilution.
Je précise bien que c'est une moyenne. Si la peinture vous semble déjà assez liquide au départ, allez-y doucement. Par exemple un jaune d'aeromaster dilué à 20 % l'est trop (dilué, pas jaune !). Vous verrez, on s'y fait vite à l'oeil.
Le pression... j'ai souvent travaillé avec une peinture très diluée et une pression faible. Je me suis rendu compte récemment, en lisant notamment le très bon article de Julien Haccoun qu'on pouvait travaillé sans complexe à 2 bars. Là dessus, reportez vous au Wingmaster N°15 et N°28.

Nettoyage :

Etape ultra importante pour la santé de votre aérographe (et pour celle de votre portefeuille !). Le nettoyage doit être consciencieux. C'est souvent plus long que le temps de peindre, mais bon, on a rien sans rien. Pensez à la prochaine peinture que vous aurez à faire... un bleu nuit agrémenté de gris mouette (que vous veniez d'appliquer sur votre Skyray) sur le fuselage d'un Corsair peut faire assez comique... mais pas très réaliste. Au delà de massacrer un camouflage, il y va de la durée de vie de votre aéro et de la buse.
Pour procéder au nettoyage, je me munie d'une bouteille en plastique vide (eau minérale), sur laquelle je pose une feuille d'essui tout (pliée en deux pour l'épaisseur). Je plante la tête de mon aéro dedans et je pulvérise ainsi. Ceci permet de récupérer le diluant usagé et évite de respirer le nuage de diluant. Dans tout les cas, procédez au nettoyage de l'aéro dans un espace bien aéré (je le fais sur le bord de ma fenêtre) car vous allez pulvériser du diluant pur ! Pensez à vos petits poumons et aux jolies arbres... heu, en ville ,y'en a déjà assez de la pollution, alors n'abusons pas !

Attention : ceci ne concerne que l'Aztec :
Plus sérieusement, le diluant à utiliser pour le nettoyage : pour l'enamel de l'essence F, pour de l'acryliqueaeromaster un produit spécifique type Aztec concentrated Airbrush Cleaner (à dilué à 50 % avec de l'eau ; pour un traitement de choc, genre débouchage, utiliser pur) et enfin pour de la Gunze ou Tamiya, de l'alcool.
Etape 1 : vider l'excédant de peinture dans le pot ;
Etape 2 : verser un peu de diluant dans le godet et essuyer avec de l'essui tout (question d'enlever le plus gros et de pas y passer 2 heures !);
Etape 3 : pulvériser 2 ou 3 godets de diluant; (je monte la pression à 2 Bars)
Etape 4 : démonter la buse et la laisser tremper dans le diluant pendant une bonne minute;
Etape 5 : remonter et pulvériser 1/2 godet de diluant sur de l'essui tout blanc : vérifier qu'il n'y a plus de traces de peintures, dans le cas contraire, recommencé l'étape 3 à 5;
Etape 6 : ben c'est tout propre, soit on attaque une autre couleur, ou alors on range !
Le nettoyage prend une bonne dizaine de minutes. C'est un peu long et fastidieux, mais il faut le faire systématiquement (après les travaux de peintures et chaque changement de couleur biensur.. on sait jamais !).


 
Aérographe Aztec A430 dans son cofret bois.


Pour mon Evolution, le principe est un peu le même :

Etape 1 : vider l'excédent de peinture ;
Etape 2 : pulvérisation d'un ou deux godets d'acétone ;
Etape 3 : démontage de l'aiguille et nettoyage.
Pas d'étape 4, car pouvant sans problème travailler à l'Acétone, ben là, franchement, c'est déjà tout propre !!

Pour conclure, l'aérographe n'a vraiment rien de sorcier ! Le jour où vous aurez acheté votre aérographe, vous ne regretterez qu'une chose : ne pas l'avoir fait plus tôt !
Il s'agit certes d'un investissement relativement lourd, comptez au minimum 1300 F pour un compresseur + 800 F pour un aérographe valable, mais si vous n'attaquez pas avec un matériel raisonnable dès le départ, vous risquer d'être dessus, à savoir par là, n'économiser pas sur le compresseur car sans réserve sufisante et débit réglable, vous ne pourrez exploiter correctement votre aérographe !