Boeing 737-300 to 800

Par Uncle Cho

 

Auteur

Robbie Shaw

Editeur

MBI Publishing
ISBN 0-7603-0699-0

Nbre de pages

128 pages, + de 300 photos

Langue

Anglais

Couverture cartonnée souple, 21 x 29,7 cm
Prix : 22 € sur Amazon

Le Boeing 737 fait partie de ces avions dont la silhouette nous est tellement familière qu’il ne nous fait même plus lever les yeux, pourtant son histoire est assez étonnante.

Conçu en 1965, c’était pour Boeing un pari commercial. La mode était alors aux avions de ligne court et moyen courrier avec réacteurs à l’arrière, comme le B727, le Bac-111, ou encore la Caravelle, confort sonore très apprécié des passagers à une époque où il n’y avait guère de différence entre celui d’un jet militaire et d’un liner civil. Au point que pendant plusieurs mois, aucune compagnie ne s’est manifestée pour l’acheter ! Le salut est arrivé de l’autre côté de l’Atlantique, puisque la Lufthansa fut le premier client, enfin suivi par d’autres. Petit à petit, le succès s’amorça et l’on vit voler des B737 des Séries 100 et surtout 200 un peu partout dans le monde non communiste.

Au tout début des années 80, l’industrie proposa un réacteur de nouvelle génération, développé conjointement par SNECMA et General Electric sous le label CFM International : le CFM-56. Plus puissant, moins gourmant et bien plus silencieux, c’était l’occasion toute trouvée pour Boeing de redonner un coup de jeune à son best seller, d’autant qu’un nouveau venu européen répondant au nom d’Airbus commençait à percer sur les moyens-courriers et annonçait la sortie prochaine d’une famille complète de petits biréacteurs de nouvelle génération (commandes de vol électriques, matériaux composites).

Initialement conçu pour le moteur JT-9 de petit diamètre, l’installation du nouveau CFM-56 sur la structure du B737 posa problème. Il fallu des trésors d’imagination pour intégrer le réacteur dans un carénage presque ovoïde à sa base, en montant quasiment le CFM dans le bord d’attaque de l’aile. Au final, la garde au sol fut très faible, le réacteur installé « à cabrer » et l’entrée d’air modifiée, qui donne aux moteurs du B737 de nouvelle génération vus de face, ce curieux look de gueule de mérou !

Cette nouvelle série (300 / 400 / 500, correspondant à différentes longueurs de fuselage) dite de « Seconde Génération » obtint un grand succès dès son introduction en 1985, malgré la concurrence frontale avec la famille A320, avec des parts de marché oscillantes selon les années à 50/50.

Dix ans plus tard, Boeing se décida à renouveler une nouvelle fois son offre commerciale, en proposant enfin un B737 plus gros mais aussi doté d’une nouvelle aile, redéfinie aérodynamiquement. Profitant d’une version améliorée du CFM-56, il pu lancer un modèle dit de « Troisième Génération », décliné en 4 versions (600 / 700 / 800 900), mais également un concept très novateur, le Business Jet. Sur un marché de niche, Boeing a « inventé » un avion exclusif destiné aux navettes d’entreprises ou aux richissimes privilégiés, pour qui le confort, la taille et la distance franchissable d’un Falcon ou d’un Gulstream ne suffisaient pas. Très rentables au point d’être copié par Airbus, ce fut aussi l’occasion de développer le concept des winglets (ou pennes d’empennage) sur le B737, un succès esthétique et commercial indéniable, proposé ensuite en retrofit sur des avions déjà en service dans les compagnies.

Bref, avec plus de 6 000 (!) B737 produits en ce début 2006, la firme de Seattle a largement « explosé » ses prévisions de ventes les plus optimistes, qui étaient de 600 lors du lancement du projet en en 1965.

Ce livre n’est pas nouveau, il date en fait de 1999 mais c’est sans doute le meilleur rapport qualité prix en ce qui concerne cet avion. Comme tous les ouvrages de cette série, toutes les photos sont grandes et toutes en couleurs et au-delà du plaisir de l’œil, il fourni un grand nombre de renseignement sur l’historique et l’utilisation du B737. Bien entendu arrêté à la date d’impression, il donne également le tableau –quasi- complet des machines produites et de leurs utilisateurs respectifs, un travail de fourmi qui plaira aux spotters les plus mordus, même si depuis cette époque, les faillites et créations innombrables de compagnies aériennes le rendent parfois caduques.

Bien entendu, avec l’ère de l’Internet, je ne peux que vous inciter à actualiser les informations via ce fantastique site qu’est Airliners. Mais rien ne vaut une bonne documentation papier et les deux sont complémentaires pour s’attaquer au montage de la formidable famille des B-737 de « Deuxième Génération » proposée par DACO au 1/144. Si vous méprisiez les « jetliners » sous prétexte de détails empattés, vous allez changer d’avis en admirant ce petit bijou de finesse (vous me direz des nouvelles des bords de fuite des ailes, je n’en ai jamais vu d’aussi beaux, quelle que soit l’échelle), acclamé par tous ceux qui l’ont eu entre les mains comme étant la plus belle maquette d’avion de ligne jamais produite – pas moins. C’est une belle bouffée d’air pur au milieu des sempiternels Bf-109 et autres camions à bombes verdâtres…

Qu’attendez-vous pour basculer du côté obscur de la Force ?