Kamov-27/-32 Family

Par Uncle Cho

 

Auteur

Yefim Gordon and Dmitriy Komissarov

Editeur

Midland Publishing
ISBN 1-85780-237-3

Nbre de pages

128 pages en papier glacé

Langue

Anglais

Environ 300 photos couleur et N&B - Couverture souple, 28 x 21,5 cm

 

D’accord, ce gros bourdon étrange n’est sans doute pas ce qu’il y a de plus populaire en France, mais il mérite pourtant qu’on s’y intéresse un minimum, ne serait-ce que parce que la firme Kamov –du nom de son fondateur Nikolai Il’yich Kamov- est le spécialiste mondial des hélicoptères à rotors co-axiaux contrarotatifs depuis 50 ans. Après les débuts laborieux du Ka-10 et Ka-15 , l’entrée en service au milieu des années 60 du Ka-25 « Hormone » (code OTAN) a prouvé aux militaires soviétiques l’intérêt du concept pour une machine de lutte anti sous-marine et anti navires de surfaces, compacte, s’accommodant sans problème des plateformes exigües des bâtiments de la Flotte. Cependant , le Ka- 25 a rapidement prouvé ses limites opérationnelles –puissance insuffisante, faible autonomie, cabine trop petite, extrêmement bruyant et fatiguant pour son équipage- malgré des exportations en nombre vers les pays « frères ». Ce qui a conduit au développement au milieu des années 70 de ses successeurs militaires Ka-27, Ka-29 et un peu plus tard, du Ka-32 civil. C’est à ces deux dernières versions que s’intéresse l’une des derniers livres sortis cette année 2006 dans la Collection « Red Star », déclinaison de la formule « Aerofax » pour le matériel russe.

C’est une nouvelle fois le très prolifique Yefim Gordon qui s’y colle, secondé par Dmitriy Komissarov. A noter que l’ouvrage a été intégralement conçu en Russie, Ian Allan /Midland Publishing se « contentant » de l’éditer…Cette monographie couvre –en gros- la période 1975-2005. Comme souvent pour le matériel d’origine russe, le lecteur occidental non spécialiste a un peu de mal à suivre l’évolution des versions et sous-versions d’engins n’ayant souvent pas dépassés le stade du démonstrateur, mais qui tels des caméléons, se retrouvent habillés d’une multitude de décorations à l’occasion de divers Salons et présentations officielles. La famille du Kamov ne déroge pas à cette règle. J’aurais aimé trouver des tableaux récapitulatifs avec des profils à la façon d’un Squadron Signal « In Action », malheureusement, ils n’y sont pas. Certes, l’iconographie est abondante et de relativement bonne qualité –sauf bien sur pendant la période soviétique- malgré une utilisation un peu trop systématique du noir et blanc (les ¾ des photos) alors que compte-tenu de l’époque récente, les originaux sont visiblement en couleur. C’est sans doute une volonté de l’éditeur de vouloir conserver un prix raisonnable (qui est tout de même de 40 Euros en France) mais on ne peut que le regretter pour un ouvrage paru en 2006...

Le tableau est est-il si sombre ? Heureusement non. La partie la plus intéressante à mes yeux est le chapitre consacré à la version civile Ka- 32. A la suite de l’effondrement du Pacte de Varsovie, les commerciaux de chez Kamov ont vu l’opportunité de proposer à l’Ouest, un engin de travail aérien sur un marché de niche, sans concurrent de l’autre côté du Rideau de Fer. Utilisé avec une grande fiabilité pour le transport de charges sous élingue en Sibérie dans les pires conditions atmosphériques (industrie forestière et exploitation pétrolière), il a suscité un gros intérêt un peu partout dans le monde. Dès le milieu des années 90, on le retrouve dans des pays aussi variés que la Belgique, l’Algérie, le Canada, la Colombie, l’Afrique du Sud ou encore la Corée et la Malaisie. Grace à sa compacité et à l’absence de rotor anti-couple, il est très stable, puissant en montée peut se poser là où d’autres machines auraient déclarées forfait. Plusieurs témoignages très intéressants de pilotes sont rapportés dans le livre, qui mettent en exergue les avantages -et les quelques limitations- du Ka-32. Preuve éclatante du succès, la confiance que lui témoigne depuis plusieurs années l’opérateur suisse HeLog-Heliswiss, heureux propriétaire de 2 Kamov aux cotés des ses Super Puma.

Au moment de refermer ce livre j’ai une impression mitigée. D’un côté le sujet est original et bien traité par la variété des photos, de l’autre, il y a une sensation d’approximation et de confusion. J’ai eu l’occasion de feuilleter rapidement les autres volumes de cette série sortis dernièrement ((Ilyushin IL-14 et Lisunov Li-2), j’y ai retrouvé les mêmes défauts –à mes yeux. J’ai le sentiment que l’éditeur britannique tire un peu trop sur la ficelle de l’exotisme postsoviétique, qui suscitait notre curiosité il y a 10 ans pour des machines mythiques comme le Su-27, Mig-29 et autres Mil Mi-24, mais là, on frôle l’indigestion et la « franchise » commence à faire long feu. Compte-tenu du tarif demandé pour acquérir cet ouvrage neuf, si le sujet vous tient à cœur –ce qui est mon cas- je vous conseille de considérer l’achat d’occasion où …d’attendre les soldes !

$36.95 ou £19.99, disponible en France (librairie et Internet)