F-4J Phantom II "Showtime 100"

 

Informations :

Echelle :

1/48
Marque : Hasegawa
Longueur : 370 mm
Envergure : 244 mm
Nombre de pièces : 119 dont 8 transparentes
Référence : Pt6
Type : plastique injecté
Lignes de structures : en creux

 

Historique :

Plutôt que de faire l'historique du célèbre F-4 Phantom II, je vous plutôt vous raconter la petite histoire d'un des appareils que l'on peut réalisé avec les décos fournies par Hasegawa, le F-4J Phantom II "Showtime 100".

Le Showtime 100 est un des appareils embarqués sur le porte-avions USS Constellation durant la guerre du Vietnam, appartenant à la VF-96, les "Fightings Falcons". L'appellation Showtime vient en fait de l'indicatif radio utilisé. Cet appareil, le BurAer 155800, est affecté au CAG, comme son numéro l'indique. Pour information, un nombre à 3 chiffres était attribué aux avions des groupes aériens embarqués, le 100 réservé au commandant du groupe, et à partir de 101, pour la 1ère flottille de chasse 201 pour la seconde, 301 pour la 1ère flottille d'attaque... Le "Showtime 100" est entré dans l'histoire de l'US Navy le 10 mai 1972, piloté ce jour là non pas par le CAG, mais par Randall Cunningham et William Driscoll (RIO). Ces deux individus ont déjà fait parler d'eux lorsqu'ils ont abattu 1 Mig le 19 janvier et un autre le 8 mai 1972. Le 10 mai 1972, Cunningham et Driscoll repartent en mission, mais pas à bord de leur appareil habituel (Showtime 107 ou 110 ?), mais en empruntant l'appareil du CAG, d'ailleurs fraîchement nettoyé en vue d'une cérémonie de changement de commandant. Cette mission de destruction d'artillerie anti-aérienne est menée dans l'après midi du 10 mai. Ils décolleront à bord du Showtime 100, équipé d'un bidon central, de 4 Sidewinder, de 12 Rockeye et de 2 Sparrow, et reviendront à bord de l'USS Constellation en hélicoptère... Au cours de cette mission, ils sont interceptés par Mig-17, à l'issue du combat, Cunningham et Driscoll auront du s'éjecter après que leur appareil ait été touché par un missile sol-air, mais non sans avoir ajouter 3 Migs supplémentaires à leur tableau de chasse. Cunningham et Driscoll deviennent ce jour là les premiers As et seul As pour la Navy de la guerre du Vietnam et les 1er As de la Navy sur avion à réaction.
Pour toute l'histoire, je vous conseille vivement toute une série d'articles parus dans le Fana de l'Aviation, intitulés "Pickle ! Pickle !!", Ainsi que le magazine américain "Aviation" de Mars 1994.
Pour en revenir à notre maquette, j'ai choisit de représenter le Showtime 100 tel qu'il devait être le 10 mai 1972. A travers les divers articles, j'ai pu recueillir des infos intéressantes. Par exemple pour la patine, l'avion venait d'être nettoyé pour une cérémonie ; pour les charges externes, des différences à celles habituellement embarqués : au lieu de 3 bidons, 4 SIdewinder et 4 Sparrow habituels, les charges étaient composés ce jour là de 1 bidon ventral, 2 Sparrow en position arrière, 4 Sidewinder et de 12 Rockeye. Enfin, quelques petits détails du genre pourquoi le Showtime 100 ne mentionnait pas sur la verrière les noms de Cunningham et Driscoll (le 100 n'est pas leur avions attitré), ou bien pourquoi l'appareil habituel de Cunningham (le 110 ou 107 ?) mentionnait uniquement Cunningham et non Driscoll (Driscoll tout nouveau RIO). Enfin, un travail de recherche fort interessant et instructif.

Allez, la maquette...

La maquette :

Première surprie, enfin, demi surprise : la taille de la bête ! Imposante (on a beau posséder un B-1B, on garde tout de même encore (un peu) le sens de la (dé)mesure ! Je savais le Phantom II encombrant, mais j'avais un peu sous-estimé la bête. Sinon, du beau Hasegawa, gravé en creux, avec un niveau de détail très bon pour l'extérieur. Pour l'intérieur, je trouve le cockpit un peu simpliste. En comparant avec les photos, il ne l'est finalement pas tant que ça. Seul le siège laisse réellement à désiré… allez, vive la résine ! Coté trains et puits, c'est correct. Le nombre de pièces est impressionnant, mais nous n'utiliserons pas tout. Coté options, pas grand chose par contre, pas de volets à baisser, ni de bec de bord d'attaques à déployer. Seuls les aérofreins ventraux peuvent être laissés ouvert. On notera une chose : l'ergot de fixation des gouvernes de profondeur doit faire juste 1 mm de diamètre, pour une pièce relativement lourde. Donc, attention sur ce point au collage (à la fin de préférence !).
Coté décals, de quoi faire le Showtime 100, le 110… Là aussi, de quoi s'occuper sévère : la planche de décals fait un bon format A4, il y en a beaucoup au cm² ! De quoi s'occuper de longues soirées.
Au premier abord, une belle maquette ! Allez, n'attendons plus, au boulot !

Montage :

Pour changer un peu l'ordre des choses (vraiment question de faire original quoi), commençons par le fuselage ! Mais non, on va pas le coller avant d'avoir fait le cockpit, on va juste enlever l'épaisseur de plastique (3 de chaque coté) simulant les bandes anti-collision, comme indiqué dans la notice. Rien de compliqué, il faut juste être soigneux. Une fois fait, un peu de mastic, un coup de papier de verre pour éliminer toute trace, et voilà, faut attaquer le cockpit.

Celui-ci ne présente aucune difficulté. On suit la notice, on use de jus et de brossage à sec pour lui donner une bonne allure. Il n'y a pas grand chose, alors il faut faire avec. Pour le siège, j'ai choisit de les remplacer par ceux de la marque KMC, très beaux., que je préparerais petit à petit et mettrais en place à la fin. Ensuite, on peut refermer le fuselage, mais attention…
En parallèle, on peut assembler les ailes, extrados en 2 parties à coller sur l'intrados d'un bloc. Ca aide bien. Comme je suis curieux et surtout méfiant, avant de fermer le fuselage, je le présente sur les ailes, juste pour voir… pour voir quoi ? Et bien, un beau jour de près d'un mm de chaque coté l'emplanture de l'aile et du fuselage. Là, 2 solutions à ma connaissance : ou bien combler le vide avec de la carte plastique ou bien écarter le fuselage par l'intérieur. La solution de carte plastique sur les cotés me semble un peu complexe car il y a peu de surface sur laquelle la coller. J'opte donc pour la deuxième solution. J'ai commencer par coller toute la partie supérieure du fuselage, ainsi que la dérive et la partie devant les entrées d'air, sans coller le dessous. Une fois sec, je peux maintenant m'occuper calmement du dessous .Je colle une bande de carte plastique dessous en maintenant écarté par un système de cale et de serrage la base du fuselage. Il faudra prévoir de longues heures de séchage et de la carte plastique relativement épaisse (1 mm) afin qu'elle ne plie pas sous l'effort. Malheureusement, l'écartement ne sera pas encore tout à fait suffisant pour combler le vide ; il faut en effet penser que l'on peut écarter que la partie arrière du fuselage, la partie avant devant rester bien fixée car non cachée pour l'aile .Il faudra donc en plus au collage de l'ensemble " tirer " un peu sur les ailes vers le haut afin d'éliminer le reste du jeu. Ma première angoisse a été que si on tirait trop, on risque de compromettre la silhouette de l'avion. Mais fort heureusement, cela est imperceptible.

Une fois cette étape terminée, il faudra prévoir un peu de masticage et de ponçage, c'est du bon Hasegawa, plus tout jeune quand même… Rien de dramatique, ou presque, sauf pour la partie de jonction entre l'aile et le dessous avant du fuselage. On obtient un décrochement d'un demi mm, que j'avais déjà constater mais je n'avais pas trouvé de solution à l'assemblage pour le faire disparaître. On pourra mastiquer un peu pour essayer d'arranger cela. Les entrées d'air qui m'angoissaient se fixe finalement sans aucun problème. On peut fixer le nez de l'appareil (que j'ai lesté). Là aussi, il faudra prévoir du mastique et du ponçage pour rendre le tout propre. Ensuite, on fixe la pièce derrière le cockpit, et on peut attaquer la peinture.
J'ai commencé par l'intrados, tout blanc (Model Master B1745 ). Ensuite, l'extrados en Gloss Gull Gray (Model Master B1729), le nez et le bout des ailes en noir, H2 Une fois ceci terminé, il faut s'attaquer à la partie arrière du fuselage, les parties métalliques (on aura traiter en parallèle les gouvernes, avec un masquage sympathique). J'ai utilisé l'aluminium et l'acier Model Master Metalizer. Le plus difficile est d'obtenir quelque chose de réaliste. La plupart des photos de Phantom montrent une nuance très faible entre les deux teintes. Seuls les appareils flambant neuf montrent bien la différence entre l'alu et l'acier. Il ne faut pas perdre de vue que le Showtime 100 était tout propre, mais le métal exposé aux hautes températures ne reprend pas je pense son aspect neuf même une fois lavé. Je traiterais donc cette partie pendant la patine aux pastels ou avec un jus, une fois les décals posées.

Un fois la peinture terminée, un coup de vernis brillant (Klir au pinceau) pour attaquer le pose des décals.... des très nombreuses décals. Là, il va en falloir de la patience. Pour ceux qui ne le savent pas encore, la pose des décals est l'étape qui me barbe le plus... Enfin, il fauty passer, alors allons-y ! Les décals ne posent aucun problème à la pose... mais c'est long, très long....
Quelques mois plus tard... Non, sans rire, n'en faisant que petit à petit et quand l'envie m'en prend, ça n'avance pas bien vite ! Donc, une fois les décals posées, on peut attaquer une patine très légère, avec un jus de gris foncé. On vernis ensuite l'ensemble de l'appareil en satin. Ensuite, la partie la plus compliquée à patiner est la partie arrière de l'appareil. Là, pastel, un voile de burnt metal de Modelmaster, et le résultat est plutôt convainquant.

Les sièges dont je parlais un peu plus haut. Là, mise en peinture selon les photos et la notice (très bien faite). Les poignées d'éjection seront faites avec le fil fournit par KMC. On se sert d'un petit tournevis comme gabarit pour la taille de la boucle. Ensuite, on colle à la cyano et on peint. La partie délicate consistera ensuite à mettre le sigèe dans le cockpit. Là, je regrette de ne pas m'en être préoccupé au début, car cela ne rentre pas du tout, et je me vois obliger de manipuler la maquette dans tous les sens pour essayer de voir d'où cela vient. Ne trouvant pas, je monte rapidement un des sièges Hasegawa fournit d'origine afin de le comparer avec celui de KMC : ok, là, c'est flagrant.... il va falloir supprimer plusieurs millimètre à la base du siège... bine trop épaisses par rapport à ce qu'a prévu Hasegawa... Et là, quand on voit les superbes détails que l'on perd (rassurez vous, une fois en place, on ne voit rien), ça fait mal ! Donc, une fois raccourci, miracle, cela rentre sans aucun problème !

Comme je le disais au début de l'article, j'ai choisit de représenter le Showtime 100, dans la configuration de son dernier vol, donc avec 2 Sparrow, 1 bidon central, 4 Sidewinder, et 12 Rockeye. Premier soucis, si le bidon, les Sidewinder et les Sparrow sont fournis, ce n'est pas le cas des Rockeye. Donc, en cherchant, j'a itrouver mon bonheur chez Hasegawa, dans le set d'armement A, référence X48-1. Ensuite, il m'a fallut trouver où étaient positionnés les Sparrow : en configuration 4 Sparrow, aucun problème, mais seulement avec 2... J'ai longuement cherché et n'ai pas trouver de photo dans cette configuration. En passant un appel au secours sur le forum, Stéphane m'a trouvé une illustration du Showtime 100 réalisée grâce au témoignage de Cunningham et devant présenter l'appareil tel qu'il devait être le 10 Mai 1972 ! Idéal ! Là, je constate que les Sparrow sont sur les rails arrières. Ayé ! Encore un problème de réglé... ou presque, car quand je compte le nombre de Rockeye... il n'y en a que 6 ! Alors, hop, appel au secours sur les divers forums et là, beaucoup s'étonnent de voir le Phantom chargé avec 12 Rockeye. Adjugé, je me conforme à la représentation du Phantom de Mark Waki, et équipe donc mon Phantom avec 6 Rockeye. Allez, on colle tout ça sur les pilones qui vont bien.
Je constate au passage un petit commentaire du dessinateur qui explique l'absence du mig sur la dérive. Hasegawa a fait une petite erreur a ce niveau (puis moi aussi du coup).

Voilà. On peut maintenant commencer à monter tout les éléments laissés de coté, trains, trappes, divers appendices... On montera en dernier, mais vraiment en tout dernier les gouvernes de profondeur. Là, j'ai préféré utiliser de la cyano liquide : l'ergot tenant la gouverne est très fin. Si on prend de la colle classique, dont le principe est de souder le plastique en le fondant, le fait de fondre une partie de l'ergot, pas bien épais, risquerait de trop le fragiliser, et notre gouverne de casser. La cyano ne fond pas le plastique et prend rapidement. Donc, une goutte sur l'ergot, on positionne, on patiente quelques secondes, et le tour est joué !


Voilà ! Le Showtime 100 est enfin terminé ! La maquette en elle même ne pose pas de gros problème et est très belle. Ce qui fut long, c'est le travail de recherche et la pose des décals ! Je pense que vous avez tout ce qu'il faut comme information pour réaliser le Showtime 100 du 10 Mai 1972 !