Vultee BT-13 Valiant

Par Dédédoc

 

Informations :

Echelle :

1/72
Marque : Pavla
Longueur : 122 mm
Envergure : 180 mm
Nombre de pièces : 58 dont 16 en résine
Référence : 72028
Type : plastique injecté et résine
   

 

Bref historique :

Cet avion d'entraînement éclipsé par le T-6 a pourtant eu une carrière particulièrement honorable, puisqu'il fut construit à plus de 11.000 exemplaires à partir d'une étude de 1938. En effet, il a été utilisé par l'US Army, la Navy, l'Armée de l'Air, la Chine et plusieurs pays d'Amérique du sud. Bon nombre de pilotes français lui doivent les rudiments de pilotage. Etudié en même temps que le P-66 Vanguard, on retrouve un très net air de famille : même fuselage hormis un habitacle rallongé pour le second siège, et une envergure agrandie. Le moteur est bien sûr différent : un Pratt et Whitney Wasp junior de 450 CV. Le train est fixe. Surnommé officiellement Valiant, ses utilisateurs ont préféré " Vibrator " ce qui en dit long sur le confort de l'appareil. Il a été acheté par la France après la seconde guerre mondiale et utilisé en Afrique du nord, particulièrement à l'école Christian Martell à Meknès, au Maroc en 1952. C'est la déco que j'ai choisie.

Montage :

le Cockpit : La maquette Pavla est du short run. Mais du bon. Comme d'habitude, on est toujours un peu surpris et vaguement déçu à l'ouverture de la boîte, puis, quand on s'y met, on doit reconnaître qu'on a les moyens de faire quelque chose de correct. Les cotes sont en général bonnes, il suffit juste de rajouter nombre de détails de son cru. Bien sûr, on commence par le cockpit, et c'est là qu'il y aura le plus de travail. Car il est bien nu. C'est malheureux avec une verrière pareille, même si sa transparence laisse à désirer, c'est le moins qu'on puisse dire. On installe sur le plancher les jolis sièges en résine et les bouts -affinés- qui servent de manches. Les photos recueillies sur internet (notamment un site pas mal http://www.aircraftresourcecenter.com/walk.htm, plein de walk around) permettent de voir la structure en tubes absolument pas figurée ici. Alors on se retrousse les manches, on sort la bougie et les bouts de grappe et on se fait une longueur d'étiré pas trop fin. Ensuite, en repérant la longueur avec un compas (instrument magique du maquettiste) on colle ses bouts sur les flancs. Peinture vert intérieur, collage du plancher, puis on s'attaque aux planches de bord.
Et là, surprise, on lit sur les petits dessins que bien des détails sont prévus (palonniers, logement du poste de radio), mais qu'on doit se débrouiller pour faire les pièces soit même. Même si le procédé est un peu cavalier, il est dans la logique du short run. La surprise vient plutôt du fait qu'on nous montre les pièces à réaliser en perspective, sans aucune idée de dimension. En clair, débrouillez-vous tous seuls. Ce principe est d'autant plus curieux que d'autres pièces plus fines (comme le pylône anti crash) sont réalisées en résine. Pour être franc, j'ai commencé à réaliser les palonniers, mais lorsque j'ai vu la taille ridicule qu'ils devaient avoir et que, de toute façon, ils seraient invisibles, j'ai gardé mes nerfs pour le logement de la radio. Deux bouts d'étirés et un rectangle de plastique, et c'était fait. Attention à l'emplacement du pylône anti crash et de la planche de bord arrière, les instructions ne sont pas précises. Pour avoir placé le pylône plus tard, j'ai dû faire un peu de chirurgie, je manquais de place entre le siège avant et la casquette du tableau de bord arrière. Ensuite, on ferme le fuselage.
Je voudrais juste faire une petite réflexion personnelle : lorsque les critiques parlent du short run, ils précisent toujours que catastrophe, malédiction, il n'y a pas les pions de centrage. Combien de fois, sur des maquettes traditionnelles j'ai dû les supprimer, ces foutus pions de centrage parce que, justement, ils ne centraient pas bien (bon d'accord, pas sur du Tamigawa). Je trouve qu'au contraire, cette absence permet d'ajuster plus précisément les demis fuselage ou demis ailes.
Fin de la réflexion personnelle.
On finit le fuselage par la verrière qui pose bien des problèmes. Elle est en acétate (rhodoïd) et en un seul exemplaire. Non seulement elle est très peu claire, mais sa taille ne correspond pas parfaitement à son emplacement. Ce n'est pas énorme, mais ça rend son installation assez délicate. On limite les dégâts avec de la colle à bois ou du kristal klear.

L'aile :
Vient ensuite la joie incommensurable de la préparation de l'aile : On affine comme on peut, à coups de lime, papier de verre, ponceuse, cutter, etc., etc., puis on ajuste l'intrados sur le fuselage. Rien ne va, il faut retailler, mesurer, mais pas coller. Une fois l'intrados ajusté, on passe à l'extrados. Ce n'est pas mieux, c'est même pire. Rebelote, on retaille, on remesure, on se rénerve, et quand on a fini, on a une tranchée à la place du Karman sans qu'on sache comment. On souffle un bon coup et on va chercher son tube de mastic. On colle l'aile, on mastique et on laisse sécher. Sachant que la peinture sera alu, on soigne les joints. Pour cela, après avoir bouché le plus gros, je dilue du mastic dans de l'acétone et je l'applique au pinceau. Ce procédé a l'avantage de donner un aspect déjà bien lisse qui facilitera le ponçage ultérieur.
Le moteur :
Vient enfin le problème du moteur. Il est en résine et bien joli. La mise en peinture est des plus simple : au choix noir et dry brush alu, ou acier et dry brush noir. Le problème -en fait le plus gros problème de la maquette - vient du capot. Les photos et même les plans fournis avec la maquette montrent qu'il a un diamètre supérieur à celui du fuselage. Or, le capot fourni a exactement le diamètre de son raccord au fuselage, voire même un millimètre de moins. C'est malheureusement assez visible, et surtout ça change la silhouette de l'avion. A moins de refaire intégralement le capot, je ne vois pas comment résoudre cette erreur. J'ai triché en le remontant un peu pour qu'il déborde sur le dessus, mais du coup, en dessous, ce n'est pas terrible.

Peinture et finitions :

Avant la mise en peinture, il faut coller des tas de petites pièces, et particulièrement les attaches des volets d'atterrissage. Ils sont en résine, il y a dix pièces, c'est à dire juste le bon nombre. Ne pas en perdre ! Vous comprendrez par là que j'en ai perdu, ce qui, en réalité, a été fort bénéfique. J'ai dû retailler les pièces perdues dans de la carte (gros doigts et presbytie s'abstenir), pour arriver à un résultat correct vu l'échelle, et du coup, j'en ai fait deux de plus pour les attaches (non prévues celles-là) du gouvernail. Les trous pour les mettre sont creusés, mais les pièces ne sont pas fournies ! Ils s'installent uniquement du côté gauche de la dérive. Donc, après de bonnes séances de ponçage pour arriver à un fini impeccable, on passe l'alu, avec toutes les difficultés que cela comporte. J'estime m'en être sorti sans trop de problèmes avec du white aluminium Aclad II. Cette peinture sèche vite et tient remarquablement. J'ai ensuite peint quelques panneaux en dark aluminium de la même marque. Tout ça à l'aéro. Pour le nettoyer, j'ai dû utiliser de l'acétone. Même l'essence F ne marche pas. Quant au white spirit, ils précisent dans la notice qu'il ne faut même pas y penser. Je l'ai utilisé un jour, et depuis, je vous garantis que je ne l'oublie plus.
Pour finir, les gouvernes ont été peinte au pinceau en Humbrol 56 bien dilué.

L'antenne est inutilisable en tant que telle, je l'ai remplacée par de la corde à piano. J'ai laissé tel quel le tube de pitot, pas terrible, mais tant pis. Les décals n'ont posé aucun problème et je n'ai pas verni la bête, cette peinture ne le nécessite pas. Dernière chose, les durits de frein qui sont très visibles sur les photos ont été confectionnées avec un brin de fil électrique peint en noir. L'air de rien, cette petite chose m'a demandé une semaine de vacances.

Comme je le disais au début, l'ouverture de la boîte ne déclenche pas l'enthousiasme, et pourtant, au fil du temps et des ajouts (faciles à réaliser, la preuve, je les ai faits), on s'approprie ce modèle. Une fois terminé, quand on le regarde, on éprouve un grand sentiment de satisfaction. Peut-être pas d'avoir réalisé un chef d'œuvre, mais d'avoir mené à bien l'honnête petite maquette d'un honnête petit avion.